La Zone d'intérêt : un thriller historique convaincant ?
S'il fallait choisir un poème à associer au film La Zone d'intérêt , "Spleen" de Charles Baudelaire serait l'élu. Au sein de cette "maison du bonheur", "le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle" dès les premiers grésillements physiquement douloureux pour l'audition de chaque spectateur. Invisible et indicible sont les deux mots qui régissent ce long-métrage de fiction réalisé par Jonathan Glazer et sorti le 31 janvier dernier. Les spectateurs sont embarqués au-milieu du camp de concentration d'Auschwitz mais pas dans les baraquements : le scénario fait un pas de côté et s'immisce à l'intérieur du pavillon de la famille Höss, placé au-milieu du camp "protégé" par un mur de pierre, dont le père n'est autre que le commandant du camp. En suivant le quotidien "normal" des Höss, Jonathan Glazer tente de révéler l'horreur de cette période sombre. On ne peut passer à côté du travail de l'ima...

